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samedi 1 novembre 2014

l'enterrement de Jean Anouilh

 
Le chien suivait l'enterrement du maître.
Il pensait aux caresses ;
Et il pensait aux coups.
Les caresses étaient plus fortes...
Dans le cortège, on s'indignait beaucoup.
On excusait la veuve — elle était comme morte.
On pardonnait à la maîtresse
(Elle était morte aussi).


mardi 28 octobre 2014

le rat de Jean Anouilh


Un rat sortait de l’Opéra :
Plastron blanc et cravate noire…
C’était un rat dont tout Paris savait l’histoire.
On disait que pendant l’occupation des chats,
Il avait stocké du gruyère.
Il était décoré pourtant, de mine fière,
Mais de cette fierté incertaine des rats.
Il est rare que ces gens-là
Aient la conscience tranquille …

samedi 25 octobre 2014

la cigale de Jean Anouilh


La cigale ayant chanté
Tout l’été,
Dans maints casinos, maintes boîtes
Se trouva fort bien pourvue
Quand la bise fut venue.
Elle en avait à gauche, elle en avait à droite,
Dans plusieurs établissements.
Restait à assurer un fécond placement.
Elle alla trouver un renard,
Spécialisé dans les prêts hypothécaires
Qui, la voyant entrer l’œil noyé sous le fard,
Tout enfantine et minaudière,
Crut qu’il tenait la bonne affaire. 


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vendredi 23 novembre 2012

la danse de l'éléphant...

                                                         avec ♫ Tame Impala

lundi 15 octobre 2012

hommage à John Kenn

                                                 http://johnkenn.blogspot.fr/

jeudi 10 mai 2012

le pouvoir de l'Art


Avec un petit clin d’œil au maître René Magritte (1898-1967) qui, au plus loin que je m'en souvienne, fut mon premier choc artistique.

jeudi 26 avril 2012

le poids de notre âme



"Certains disent que nos ombres sont plus ou moins denses
et reflètent le poids de notre âme"
Extrait de Hank de Marc-Antoine Mathieu, Édition de l'An 2, 2004.


mercredi 21 mars 2012

faire des bulles

Vive le printemps et vive la poésie!

La bulle.

Bathylle, dans la cour où glousse la volaille,
Sur l'écuelle penché, souffle dans une paille ;
L'eau savonneuse mousse et bouillonne à grand bruit,
Et déborde. L'enfant qui s'épuise sans fruit
Sent venir à sa bouche une âcreté saline.
Plus heureuse, une bulle à la fin se dessine,
Et, conduite avec art, s'allonge, se distend
Et s'arrondit enfin en un globe éclatant.
L'enfant souffle toujours ; elle s'accroît encore :
Elle a les cent couleurs du prisme et de l'aurore,
Et reflète aux parois de son mince cristal
Les arbres, la maison, la route et le cheval.
Prête à se détacher, merveilleuse, elle brille !
L'enfant retient son souffle, et voici qu'elle oscille,
Et monte doucement, vert pâle et rose clair,
Comme un frêle prodige étincelant dans l'air !
Elle monte... Et soudain, l'âme encore éblouie,
Bathylle cherche en vain sa gloire évanouie...

  Albert Samain (1858-1900)